L'Italie dans ma cuisine

vendredi 10 avril 2015

Poulet chasseur / Pollo alla cacciatora

J'adore le poulet rôti. Mais le poulet "alla cacciatora", j'adore encore plus. Une explosion de saveurs pour un plat dit "pauvre" comme souvent la cuisine italienne sait nous offrir. Ça doit être pour cela qu'elle est tant aimée : peu d'ingrédients, pas de chichis, un bonheur pour les papilles.

Il s'agit d'un plat originaire de la Toscane. Plusieurs variantes existent, comme toujours : certains y mettent des olives, d'autres de la pancetta, parfois les deux; quelques uns préfèrent le vin rouge d'autre le vin blanc. La pancetta me semble en trop dans cette recette...Les olives pourquoi pas, mais ici, dans ma cuisine, voici la recette telle qu'on l'aime, simple et délicieuse.

Pour 4 personnes :

- 1 petit poulet ou 4 cuisses de poulet

- 400 grammes de tomates pelées

- 2 carottes

- 2 branches de céleri

- un verre de vin rouge

- 1 oignon

- 1 gousse d'ail

- romarin, persil, laurier, sel et peperoncino (ou poivre)

- huile d'olive extra-vierge

1- Découper votre poulet en morceaux, les faire rissoler une dizaine de minutes à feu fort dans 2 cuillères à soupe d'huile d'olive en prenant soin de les retourner pour qu'ils puissent dorer des deux côtés.

2- Déposer l'oignon, les carottes et le céleri émincés finement, puis la gousse d'ail entière. Ajouter le peperoncino, le romarin, la feuille de laurier et le sel. Laisser cuire 5 à 6 mn environ à feu moyen.

3- Déposer le vin rouge puis laisser évaporer. A ce moment-là, verser les tomates pelées, que vous couperez en deux, ainsi qu'un verre d'eau. Mélanger la préparation, laisser cuire 40 minutes environ. Si besoin, baigner d'eau de temps en temps pour éviter que le plat ne s'assèche.

4- Une fois le poulet cuit, parsemer de persil frais haché et servir bien chaud. Vous pouvez accompagner ce plat de pommes de terre au four, comme je le fais régulièrement.

Buon appetito !

339

340

Posté par orsetta77 à 08:30 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


samedi 4 avril 2015

La Colombe de Pâques / La Colomba di Pasqua

Tout le monde, ou presque, connaît le panettone et le pandoro, desserts typiques d'un Noël italien. Mais connaissez-vous la Colomba de Pâques ? C'est le dessert incontournable durant les fêtes de Pâques en Italie. Comme son nom l'indique, il a la forme d'une colombe, symbolisant la paix mais aussi le printemps sur le point d'éclore.

D'où vient cette tradition ? Comme souvent, plusieurs légendes entourent la création de ce dessert. Une est liée à l'Abbé Saint Colomban qui transforma grâce à sa bénédiction un repas trop riche en période de Carême, en pains prenant la forme de colombes blanches. Une autre nous porte vers le Roi Alboïn, Roi de Lombardie au milieu du VIè siècle, à qui avait été offert en signe de paix un dessert en forme de colombe durant le siège de Pavie. 

Une chose est certaine, c'est Dino Villani, directeur de la publicité de Motta, déjà célèbre grâce à ses panettone et pandoro, qui proposa l'idée de ce dessert de Pâques, proche du panettone, durant les années 1930, histoire de rentabiliser les machines ne servant alors que pour Noël. Idée reprise par Angelo Vergani, dont l'entreprise Vergani, basée à Milan, continue de produire les colombes de Pâques.

La recette classique prévoit farine, oeuf, beurre, sucre et oranges confites accompagnés d'un glaçage aux amandes. Depuis, de nombreuses versions ont vu le jour, farcies au chocolat, goût caprese, noisette ou même cointreau !

Deux façons de procéder existent : la version longue, (la vraie façon de réaliser la Colomba) avec plusieurs temps de pétrissage et différentes étapes pour laisser lever la pâte, (jusqu'à 16h) et la version plus courte, pour les moins experts... Je fais partie de la seconde catégorie.

Je ne vous cache pas que j'ai essayé la première version il y a quelques jours, j'y croyais carrément, mais ma Colomba avait quelques 3 ou 4 cm en moins en hauteur, trop raplapla... J'ai lu partout, et entendu de mes amis italiens, qu'il était difficile de la réaliser ad hoc et surtout de la réussir ainsi, qu'il faut des années d'expérience avant d'y arriver. C'est bien vrai. Moi la novice, je débarque en disant à mon italien: " Faccio la Colomba ! La vera hein ! Quella dei pasticceri ! " (oui on se parle en italien, traduction : "Je fais la Colomba ! La vraie hein ! Celle des pâtissiers ! ").

Après quatre essais et une transfusion de modestie conduisant à la réalisation de la Colomba version moins laborieuse, me voilà fin prête à vous proposer une recette, un mixe de différentes recettes en réalité, mon italien y a mis son grain de sel et nous sommes plutôt satisfaits du résultat (mais je suis têtue, je réessaierai la version longue, tous les ans, jusqu'à ce que j'y arrive !). 

Je tiens compte que vous n'ayez pas à disposition un moule adapté, alors j'ai trouvé pour vous une vidéo d'un italien expatrié aux USA et qui explique comment réaliser soi-même le moule de la Colomba : (si vous ne comprenez pas l'italien, regarder la vidéo suffit ! )

La Costruzione dello Stampo per la Colomba Pasquale

 

N'ayant de matériel adapté, je pétris à la main (mais je ne suis pas contre un partenariat avec une belle marque de machine à pétrir...)

Alors, elle n'est pas parfaite ma Colomba : le glaçage réussi lors des autres tentatives ne l'est pas cette fois-ci, (je n'ai pas anticipé un tel gonflage, l'émotion, fatiguée de tous ces essais ? Le glaçage ici n'est pas assez épais), la couleur doit être plus marron, il manque quelques amandes... Mais le goût y est : elle est bonne ! Il ne s'agit pas d'un gâteau type ciambella comme j'ai pû le voir au-travers de certaines recettes qui n'avaient de Colomba que la forme, mais bien d'une consistance comme il se doit. 

Ingrédients:

- 300 grammes de farine 00

- 200 grammes de farine manitoba

- 3 cuillères à soupe de fécule de pomme de terre

- 1 sachet et demi de levure sèche (10.5 grammes)

- 150 grammes de sucre

- 100 grammes de beurre mou

- 1 pincée de sel

- 1 sachet de sucre vanillé

- le zeste d'une orange non traitée

- 2 oeufs + 1 jaune (ne pas jeter le blanc, il servira pour le glaçage)

- 130 ml d'eau (+30 ml si besoin)

- 100 grammes d'oranges confites

Glaçage :

- une cuillère à soupe de sucre semoule

- le blanc d'oeuf inutilisé

- une cuillère à soupe de farine d'amandes, ou de poudre d'amande

Décoration :

- grains de sucre

- amandes

1- Dans un saladier, mélanger les farines, la fécule, la levure et les sucres. Ajouter le beurre mou en morceaux, les 2 oeufs ainsi que le jaune, une pincée de sel et 130 ml d'eau à température ambiante. Mélanger dans un premier temps à l'aide d'une cuillère en bois puis pétrir à la main.

2- Si besoin, ajouter encore un peu d'eau, pétrir à nouveau, former une boule lorsque la pâte est élastique.  Couvrir et laisser reposer 2 heures dans le four éteint, lumière allumée.

3- Lorsque la pâte a doubler de volume, intégrer les morceaux d'orange confite en pétrissant légèrement la pâte. Diviser la pâte en trois morceaux : un plus grand qui prendra la largeur du moule et deux plus petits pour les ailes de la colombe. Laisser à nouveau reposer dans le four éteint, la pâte doit atteindre les bords du moule (comptez une heure environ).

4- Préparer le glaçage : fouetter le blanc d'oeuf avec une cuillère à soupe de sucre semoule et une cuillère à soupe de farine d'amandes. Déposer sur toute la surface de la colombe sans toucher les bords, ajouter les grains de sucre et les amandes. Faire cuire 50 mn environ à 170°, vérifier la cuisson. Dans cette version, pas besoin de laisser reposer la Colomba suspendue à l'envers, elle ne se dégonfle pas.

Joyeuses fêtes de Pâques !

 

337

 

338

Posté par orsetta77 à 09:08 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 31 mars 2015

La pastiera de maccheroni

La pastiera salée est une recette qui ne manque jamais à la table de belle-môman au moment des fêtes de Pâques. D'origine napolitaine (comme belle-môman), ce gâteau de pâtes se déguste accompagné de charcuterie. Certaines familles l'incluent d'ailleurs à l'interieur de la pastiera, mais dites-le à mon italien et vous obtiendrez une réaction absolument négative à l'encontre de cette pratique !

Souvent, nous la préparons également pour Pasquetta (quand on aime, on ne compte pas), c'est-à-dire le lundi de Pâques, qui ici se fait généralement entre amis, et si le temps le permet lors d'un pique-nique au bord de mer ou à la campagne (mais bizarrement il pleut la plupart du temps à Pâques) .

Il vous faudra donc pour 6 personnes environ :

- 250 grammes de zittoni

- 250 grammes de bucatini

- 100 grammes de spaghetti

- 8 oeufs

- 100 grammes de pecorino romano

- 1/2 verre d'huile d'olive extra-vierge

- saindoux

- poivre, sel

1- La veille au soir, faites cuire vos pâtes dans de l'eau bouillante salée. Les sortir de l'eau al dente et conserver l'équivalent d'un verre d'eau de cuisson. Verser les pâtes et l'eau dans un saladier, déposer un peu d'huile d'olive pour éviter qu'elles ne collent. Laisser reposer au réfrigérateur toute la nuit.

2- Le lendemain, verser les oeufs entier dans le saladier contenant les pâtes, le pecorino râpé, l'huile d'olive et poivrer. Bien mélanger à la main ou à l'aide d'une cuillère en bois. Si besoin, ajuster de sel. 

3- Déposer du saindoux dans un plat rond allant au four, de diamètre 24 ou 26 cm (comme si vous beurriez le plat). Verser les pâtes en ajoutant quelques morceaux de saindoux ici et là. Mettre au four préchauffé à 200° environ 50 mn, la surface du plat doit être croquante et colorée.

Accompagnez votre plat de pâtes de charcuterie et dégustez !

PS: La cuisine napolitaine n'a pas froid aux yeux lorsqu' il s'agit d'avaler environ 1 000 000 de calories par bouchée, je vous l'accorde...Mais mammamia ! Qu'est-ce que c'est bon !

Buon appetito !

 

334

 

 

336

 

333

 

Ah et c'est quoi les zittoni ? C'est ça :

 

332

Posté par orsetta77 à 16:16 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 23 mars 2015

La scarcella de Pâques, biscuit typique des Pouilles

Voici une toute nouvelle recette typique des Pouilles à réaliser lors des fêtes de Pâques : la scarcella, ou "pupi cu l'ovu" en dialecte de Brindisi, (sachant que chaque ville a son propre dialecte, ces biscuits ont différents noms).

Une des explications données au nom de "Scarcella" est que celui-ci dérive du verbe "scarcerare" qui signifie libérer, et en lien avec le baptême, ici libérer du pêché originel.

C'est durant la semaine Sainte que ces biscuits sont traditionnellement préparés pour être ensuite offerts le jour de Pâques. Les scarcelle représentent symboliquement la renaissance, le renouveau.

Vous pouvez leur donner la forme d'une colombe, (symbole de paix), d'un agneau, d'un panier, d'une tresse (symbole d'éternité), ou bien d'un coeur (symbole d'amour) pour les formes les plus courantes. Ces biscuits contiennent très souvent un oeuf dur, symbole de fécondité et d'abondance. Celui-ci d'ailleurs, emprisonné dans des tresses de pâtes, est dans la plus pure des traditions, peint en rouge, couleur capable de détruire toutes les ondes maléfiques.

Il existe différentes recettes que vous soyez une famille du nord des Pouilles, de Bari ou de Foggia, ou bien du sud. A Brindisi par exemple il n'est pas d'usage d'utiliser le glaçage...Bref, comme toujours je vous propose la recette réalisée dans ma cuisine.

Pour huit beaux biscuits :

- 250 grammes de farine 

- 50 grammes de sucre semoule

- 35 grammes d"huile extra-vierge

- 1 oeuf

- lait demi-écrémé

- le zeste d'un demi citron

- 1/2 sachet de sucre vanillé

- 1/2 sachet de levure chimique

Glaçage :

- 1 blanc d'oeuf

- 150 grammes de sucre glace

- quelques gouttes de jus de citron

Décoration :

Vermicelle coloré...

1- Déposer la farine en fontaine dans un saladier. Ajouter le sucre puis l'oeuf. Mélanger. Ajouter l'huile, l'oeuf, le zeste d'un demi citron, le sucre vanillé, la levure chimique. Bien mélanger puis verser un peu de lait jusqu'à l'obtention d'une pâte que vous pourrez travailler facilement (ni trop humide, ni trop sèche).

2- Étendre la pâte obtenue sur une épaisseur d'environ 1 cm et réaliser les formes souhaitées. Déposer un oeuf dur sur quelques formes en le laçant comme sur les photos, mettez-le à l'horizontal (pas vertical comme j'ai pû le faire). Faire cuire au four préchauffé une vingtaine de minutes à 160°.

3- Réaliser le glaçage en mélangeant le blanc d'oeuf, le sucre glace et le jus de citron. En déposer sur les scarcelle cuites, décorer de vermicelle de couleur et billes d'argent si vous le souhaitez. Les remettre au four éteint. Laisser sécher quelques minutes.

Buon appetito !

Autre tradition sucrée des Pouilles durant les fêtes de Pâques ici  

 

325bis

 

 

 

327

 

 

328

331

Posté par orsetta77 à 08:30 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mercredi 11 mars 2015

La pitta di patate leccese

On reste dans les Pouilles pour cette nouvelle recette.

Vous aimez les patates ? Ouiiiiii moi aussi ! Oups, on dit "pommes de terre", c'est quand-même plus élégant...Oui et bien en Italie, pommes de terre se dit "patate". Les premières fois que je prononçais ce mot, version italienne, ça sonnait un peu bizarre pour moi, bien que je ne sois pas du tout snob pour un sou. A présent, lorsque je retourne en France, j'ai tendance à dire "patate", version italienne. Ce qui sonne un peu bizarre pour les autres...

De toute façon, mamie dit toujours "patate", jamais je ne l'ai entendu dire pomme de terre ! Pour être plus précise, elle dit "pataches". On est de la campagne, ou on ne l'est pas.

La pitta di patate est un plat typique du Salento, de Lecce plus précisément. Ce plat raconte l'histoire des femmes du Salento cuisinant pour la famille avec le peu de moyens qu'offraient l'époque et le contexte, mais surtout avec ce qu'offrait (et offre toujours) la nature salentina : huile d'olive, olives, câpres, tomates...et pommes de terre, entre autres. Un plat consistant, qui permet d'affronter le froid, le travail et la fatigue pour seulement quelques lires, mais comme toujours un plat "saporito", savoureux.

- 1 kg 200 de pommes de terre

- 400 grammes de pulpe de tomates

- 200 grammes de pecorino des Pouilles, ou à défaut parmesan, le pecorino romano est plus fort en goût que celui des Pouilles

- 1 oeuf 

- 400 grammes d'oignons

- 50 grammes d'olives noires

- quelques câpres

- chapelure

- sel

- huile d'olive extra-vierge.

1- Laver les pommes de terre puis les faire cuire dans un récipient d'eau bouillante.

2- Une fois cuites, les déposer dans un récipient d'eau froide. Ôter la peau, les réduire grossièrement en purée (avec une fourchette par exemple si vous êtes comme moi, c'est-à-dire pas équipée ) puis déposer l'oeuf, le fromage ainsi qu'une pincée de sel. Bien mélanger le tout.

3- Déposer les oignons émincés finement dans 3 à 4 cuillères d'huile d'olive et laisser cuire à feu doux pendant une dizaine de minutes environ. Elles ne doivent pas dorer mais rester blanches. Ajouter la pulpe de tomates, une pincée de sel et deux cuillères à soupe d'eau. Laisser cuire 15 mn environ, la sauce doit réduire, sans s'assécher complètement.

4- Vers la fin de la cuisson de votre sauce, déposer les câpres puis les olives dénoyautées et coupées en deux, mélanger.

5- Verser un peu d'huile sur toute la surface de votre plat. Déposer une première couche de la préparation aux pommes de terre, puis la sauce tomate et enfin recouvrir du reste de pommes de terre. Recouvrir d' un peu d'huile puis de chapelure.

6- Laisser cuire 35 mn environ à 190 °. Laisser reposer, le mieux étant de faire cuire la veille au soir pour déguster ce plat le lendemain, tiède ou même froid, coupé en petites parts pour servir en antipasti.

Buon appetito !

 

324

 

323

 



Recettes de cuisine mytaste.fr mytaste.tn